Égrène tes remords au fil de nos années,
Des marques sur nos corps qu’on ne cesse d’user ;
La liste de mes torts ne peut que s’allonger
À mesure qu’on dort un peu plus éloigné
Chaque jour que Dieu fait.
Répands en moi tes peurs de nous sentir vieillir
En feignant un bonheur qu’on a vu hier mourir :
Si je vois ta douleur, je ne peux pas guérir
Tes blessures au cœur que tu laisses pourrir
Chaque jour, sans le dire.
Laisse courir tes cris le long de mes silences,
Quand tu sais que je fuis les piques que tu lances.
Dans nos yeux, je ne lis ni haine ni violence,
Mais les mots que tu nies creusent sans importance
Chaque jour, ton absence.
Écume au bord des yeux les larmes qui te coulent :
Tu dis pleurer pour deux ? Les miennes aussi roulent,
Le doute y est aqueux, de l’eau que je refoule,
D’une lie d’amoureux qui nous draine et me saoule
Chaque jour qu’on s’écroule.
Finis pour moi l’histoire alors que je suis lâche,
J’acquiesce sans y croire aux choses que tu caches.
Le pansement qu’un soir, d’un seul coup l’on arrache,
Fait moins mal qu’un espoir voué à ce qu’on le gâche :
Chaque jour nous détache.
