Murmure au gré du vent où les mots me bousculent,
Parlent plus lentement et ainsi s’articulent.
J’essaye, il faut du temps pour que je te comprenne :
Je suis tes errements, le sillon de tes peines.
Tu me dis le mensonge et quelques vérités,
Dilues ce qui te ronge avec un peu de vrai.
Tu salis et j’éponge, on lave tes erreurs
Dont la liste s’allonge au fil de tes humeurs.
Parfois à moi la faute, à toi la déception,
Ou comment être un hôte en sa propre maison.
On se dit côte à côte, on est loin d’être ensemble;
L’un prend ce que l’autre ôte, et les deux se rassemblent.
J’entends les chuchotis de ceux qui parlent trop,
Croient savoir ce qu’on vit et le rendent moins beau.
Je me fous de l’avis, de la bonne conscience,
De l’opinion d’esprit qu’expriment leurs croyances.
On dit que je me trompe, or tu le fais pour deux ;
Qu’avant qu’un fil ne rompe, il faut lui faire un nœud ;
Qu’il manque un coup de pompe au pneu qui perd de l’air.
Mais quand l’amour s’estompe, il y a quoi à faire ?
Je prends tout le reproche, alors qu’il est coupable,
Et le met dans ma poche ; au fond je sens du sable,
Petits cristaux de roche en grains de souvenirs,
D’un passé assez proche où l’on riait du pire.
Murmure en refrain sourd, la vie gratte l’accord,
Me ramène à ces jours où je nous croyais forts.
J’essaye, ou fait tout pour tenter de nouveau l’être :
Je suivrai tes détours jusqu’à nous voir renaître.
