Archive de 16 juillet 2007

Même sans toi

16 juillet 2007

Même sans toi

Même calme jardin, un secret de quartier,
Transmis par les doyens aux nouveaux initiés,
Même sourire au coin de mes lèvres usées,
Quand l’alliance à ma main me renvoie ton reflet.

Même soleil d’hiver aux portes du printemps
Qu’une pluie passagère exacerbait en blanc,
Mêmes chaises de fer qu’on préférait au banc
Pour deux, la belle affaire, on n’avait pas vingt ans.

Même musique au cœur, jouée par des troubadours,
De plaisants amuseurs qui te faisaient la cour,
Même petite odeur sucrée, pommes d’amour,
Qu’on dévorait à l’heure où se couchait le jour.

Même rire, malice en dessous des étoiles
Quand l’agent de police, alerté, parlait mal,
Même fuite complice alors que le signal
Envoyait la milice au creux du pastoral.

Même mélancolie que le jour de ta mort,
J’entends les coups, les cris qui résonnent encore,
Même tristesse inouïe quand j’ai senti ton corps
Se vider de sa vie sur un ultime accord.

Mêmes yeux demi clos, et la promesse faite
Qu’on se verrait là-haut, sans que rien ne s’arrête
Même si c’était faux, même si c’était bête,
Je m’accroche à ces mots pour ne pas perdre tête.

Même jour, même endroit, mais dix années d’écart,
Dix ans passés sans toi à vouloir te revoir ;
Même gamin tremblant à la trouille du noir,
Qui se sort du néant qu’a laissé cette histoire.

Même très lentement, prendre un nouveau départ.